Ensembl’ accompagne les établissements spécialisés

Dans certains cas, les familles de résidents ne peuvent se déplacer régulièrement et le sentiment d’isolation peut être grand. Ensembl’ permet de conserver un lien social fort avec l’extérieur.

Doris Berdugo, cadre supérieur de santé et experte en gestion de soins à la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) de Saint-Jean de Malte, a assumé les fonctions de directeur d’établissement spécialisé et géré pendant 10 ans la maison Saint-Jean de Malte.

Quelles étaient vos principales missions ?

Tout d’abord, il faut expliquer ce qu’est une maison d’accueil spécialisée. C’est un établissement qui accueille des personnes avec le niveau de handicap le plus élevé qui existe…

La maison Saint-Jean de Malte, c’est 73 résidents permanents, soit la plus grande maison de France. Elle accueille des personnes très lourdement handicapées. Je dirigeais donc cette maison dans la cadre de l’accueil des résidents, tant en ce qui concerne l’hébergement, le soin et la vie sociale…

Quel a été votre moment le plus marquant au sein de la MAS ?

La crise sanitaire de la covid bien sûr mais aussi les attentats de 2016 et malheureusement les décès coup sur coup que nous avons subi au sein de l’établissement peu après la covid (plusieurs résidents sur un an au lieu d’un seul tous les ans et demi en moyenne).

Quelles ont été les difficultés rencontrées durant l’épidémie de Covid-19 ?

Sur la période covid, il faut bien comprendre qu’être en MAS, c’est déjà un enfermement ! Beaucoup de résidents ne sont pas en capacité de sortir (fauteuil roulant, champ visuel très restreint, poli-handicap…). En MAS, vous êtes déjà en retrait de la société. A bien des égards, le fauteuil est aussi un enfermement, on est dépendant du tiers, même si nous avons les fauteuils électriques maintenant.

Pour les poli-handicapés cela a été très compliqué, on ne pouvait plus aller d’une chambre à l’autre, toutes les activités (kiné, rééducation, ludiques, récréatives et religieuses) ont été stoppées. Les résidents ne pouvaient plus sortir de leur unité de vie (une unité par étage, soit 7 au total, dont une avait été affectée aux patients covid).

Pour quelles raisons avez-vous décidé de proposer Ma-Résidence aux familles ?

Même si nous avions fait en sorte qu’il y ait tout au sein de l’établissement pour être autonomes, enfermer les résidents c’est très dur. Les groupes de type What’s App n’étaient pas du tout adaptés donc je me suis tournée naturellement vers Ma-Résidence car c’était vraiment le bon moment pour déployer cet outil, il y avait urgence. Nous mettons donc en place rapidement les accès et une adresse générique par unité de vie pour que les soignants puissent communiquer avec les familles, ainsi qu’un portable (pour les anniversaires, événements…).

J’ai ensuite communiqué sur le projet en disant que nous étions enfermés mais soudés, pour écrire le meilleur, donner des nouvelles et insuffler une ambiance bienveillante. Grace à cela, nous avons pu maintenir les échanges, proposer des photos… L’ensemble des salariés et les familles ont joué le jeu autant que possible !

En quoi Ma-Résidence a changé le rapport des familles de vos résidents à la MAS ?

Ma-Résidence nous a énormément déstressés par rapport au maintien du lien et de la vie sociale des résidents et nous a vraiment permis de mieux communiquer avec l’extérieur pendant toute cette période et encore aujourd’hui.

Pourquoi avez-vous décidé de renouveler votre partenariat avec Ma-résidence ?

Je n’ai pas voulu interrompre ensuite Ma-Résidence car nous pourrions faire vivre l’outil autrement. Dans certains cas, les familles de résidents ne peuvent se déplacer régulièrement et le sentiment d’isolation peut être grand. Ma-résidence permet de conserver un lien social fort avec l’extérieur. Par ailleurs, cet outil nous permet de redonner un peu de « peps » à l’établissement, pendant le retour à une vie plus normale.